Production au nord, consommation au sud : la France d’après 2030 va-t-elle, comme l’Allemagne, vers de nouveaux équilibres ? Avec en corollaire la nécessité de restructurer profondément le réseau de transport électrique…

Le très long rapport décennal de RTE (voir le texte complet de 430 pages qui est soumis à consultation publique), qui évalue les perspectives du réseau de transport d’électricité d’ici 2030, met en évidence des évolutions profondes des structures de production et de consommation en France.

L’une d’elles est illustrée par une carte très simple, celle du taux de croissance annuel de la consommation électrique. Le sud de la France connaît des taux supérieurs à 0,75% alors que ceux du nord ne dépassent pas 0,50%, voire 0,25% dans les régions désindustrialisées du nord-est.

Le rapport de RTE note que “si la natalité est relativement homogène à l’échelle du pays, les régions se différencient par leur solde migratoire. Les régions du littoral méditerranéen ou de la façade atlantique sont ainsi très dynamiques, alors que du Nord-Est au Massif central, la population stagne, voire baisse ».

A contrario, note encore le rapport, l’essentiel des nouvelles capacités de production est attendu plutôt au nord du pays : éolien terrestre et offshore, hydroliennes… (de par son faible facteur de charge, le photovoltaïque contribuera de façon très marginale en dehors des journées d’été).  Il en résulterait une dépendance croissante des régions du sud du pays vis-à-vis des régions excédentaires du nord et de l’est.

Cette évolution sera encore plus sensible si une réduction de la puissance nucléaire installée était engagée. Compte tenu du nombre important de tranches nucléaires en vallées du Rhône et de la Loire, la baisse de production au sud serait encore plus notable. Actuellement, du fait de la répartition des centrales nucléaires, il n’y a pas d’axe prédominant des échanges d’électricité entre les régions de France, si ce n’est les deux flux vers les deux « péninsules » françaises, la Bretagne et le sud-est.

Si la France devait se polariser dans un sens nord-sud, elle ne ferait d’ailleurs que suivre un mouvement général européen. Au  niveau de toute l’Europe, les flux nord-sud sont plus amples, plus “volatils”, sur de plus grandes distances. C’est ce que révèle une étude de juillet 2012 de l’ENTSO-E, l’association des gestionnaires de réseau de transport européens.( The Ten-Year Network Development Plan, TYNDP, disponible sur www.entsoe.eu).

L’Allemagne en est une bonne illustration: elle devra doubler d’ici 2022 sa capacité de transport du nord du pays -là où est situé son potentiel éolien-  vers le sud et l’ouest du pays, où sont localisés les principaux centres de consommation

Le rapport de RTE souligne d’ailleurs que le développement des énergies renouvelables entraîne une plus grande variabilité de la production et des flux d’électricité en Europe et que le renforcement des interconnexions est ainsi essentiel à la solidarité européenne.

La France fournit de l’électricité aux pays limitrophes quand ses productions nucléaire et renouvelable sont abondantes; à l’inverse, elle importe de l’électricité lors des pointes de consommation en hiver. Au carrefour des échanges européens à l’ouest du continent, la France doit s’interconnecter de plus en plus avec l’ensemble de ses voisins. Outre le renforcement de l’interconnexion avec l’Espagne à l’est des Pyrénées en 2015, RTE va commencer les travaux d’un nouvel ouvrage avec l’Italie. Cinq autres liaisons à courant continu sont à l’étude avec l’Espagne, par le golfe de Gascogne, l’Irlande et la Grande-Bretagne. Des reconstructions d’ouvrage d’interconnexion avec la Belgique, l’Allemagne et la Suisse doivent permettre d’augmenter les capacités d’échange avec ces pays

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Posted by admin on  5 septembre 2014

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